Gisèle Biémouret

Députée du Gers

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Viticulture : l'esca continue ses ravages.

Crée le 09/09/2014
Article paru aujourd'hui dans la Dépêche.


A quelques semaines des vendanges et en pleine période de foires au vin, les viticulteurs devraient être à la fête. Pourtant ils sont nombreux à être inquiets : la maladie de l'esca continue à faire des ravages dans les vignobles gersois. Et français, voire même internationaux. Depuis que l'usage de l'arsenic de soude a été interdit en 2001 au nom de son caractère cancérigène pour ses usagers, les agriculteurs ne disposent que de très peu de moyens pour combattre ce champignon très prolifique qui fait pourrir les pieds de vigne.

Les préconisations des spécialistes de la Chambre d'agriculture et de l'Institut français du vin (IFV) évoquent bien la nécessité de replanter, aides financières à l'appui, ou l'importance de bien nettoyer les outils pour éviter la contamination par les plaies de taille, mais tous reconnaissent une certaine impuissance. «Un pied produit du bon vin au minimum à partir de 10 ans d'âge et il y a vingt ans, on traitait les vignes au bout de dix ans. Aujourd'hui, j'ai des pieds qui ont l'esca dès la première année et juste à titre d'exemple, sur 300 plants de 23 ans, j'en ai 50 qui sont morts cette année. C'est exponentiel : dans deux ou trois ans, je n'aurai aucun pied plus vieux que 3 ans», explique Thierry Bernardo, viticulteur à Mouchan.

«La disparition du vignoble gersois»
Arracher, brûler et réorganiser son exploitation est devenu son lot quotidien. Comme tellement d'autres. «On a beau faire des boutures ou restructurer les parcelles, la maladie peut rester en sommeil des années et se déclarer à la moindre fragilité. On pense replanter sain mais c'est tout le contraire : c'est une véritable catastrophe», analyse Jacques Estingoy. Ce pépiniériste et viticulteur retraité à Lagardère, se mobilise depuis des années sur les salons et autres foires pour alerter les pouvoirs publics sur l'ampleur du phénomène (1). «J'ai interpellé Raymond Vall à Jegun qui a écouté attentivement ce que je lui disais.» Contacté au téléphone, le sénateur-maire de Fleurance a souligné le «caractère dramatique» de la situation. «On s'achemine vers la disparition du vignoble gersois.»

De son côté, la députée Gisèle Biémouret, qui s'est également largement mobilisée sur le sujet dans le passé, a indiqué qu'elle demanderait la création d'un rapport sur l'esca dès aujourd'hui au ministère de l'Agriculture, à l'occasion de la rentrée parlementaire. «J'entends ceux qui prônent le retour de l'arsenic et qui disent que l'étude de base était tronquée mais on ne peut pas faire n'importe quoi non plus. Et on ne peut pas non plus rester les bras croisés.»

Car selon Jacques Estingoy et d'autres, le retour très encadré et sous certaines conditions de protection du fameux traitement controversé serait, dans un premier temps, «la solution la moins pire» en attendant que la science fasse son œuvre pour trouver une autre molécule de substitution. Pourtant, treize ans après son retrait du marché, aucun produit de substitution n'est venu remplacer le traitement au pyralium. «La recherche est désormais coordonnée à l'échelon international», rassure Thierry Dufourcq de l'IFV Sud-Ouest.

(1) Un forum citoyen est prévu le 21 septembre devant la mairie de Lagardère.

Le chiffre : 100 % des viticulteurs >sont impactés par la maladie de l'esca. Pas d'exception, l'esca touche tous les vignobles avec en moyenne 10 à 20 % de perte par exploitation. Etant entendu que certains cépages sont plus fragiles que d'autres, comme le colombard qui donne le Côtes de Gascogne.

La phrase «Avec l'été pluvieux les symptômes de la maladie se sont déclarés tardivement mais l'hécatombe continue. La recherche est en panne et à Paris, ils ne semblent pas réaliser. On va donc monter à Bruxelles avec les Jeunes Agriculteurs et la FDSEA pour porter le sujet au Parlement européen.»
Henri-Bernard Cartier, président de la chambre d'agriculture du Gers

Publié le 09/09/2014 à 03:50, Mis à jour le 09/09/2014 à 07:47 - G.J.

Retrouvez l’article sur le site de la Dépêche : http://www.ladepeche.fr/article/2014/09/09/1947612-l-esca-continue-ses-ravages.html



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