Gisèle Biémouret

Députée du Gers

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Actualités

Appel du CNLE : l’accueil des réfugiés et des migrants, une exigence morale et humaine.

Crée le 21/09/2015
Le 17 septembre 2015 dans sa séance plénière et sous l’impulsion de son président, Monsieur Etienne PINTE , le CNLE a pris la mesure de la situation actuelle concernant les migrants et les réfugiés qui sont aujourd'hui obligés de quitter leur pays pour chercher refuge en Europe.

Le CNLE a décidé de lancer un appel à destination de l’État, de l’Union européenne, des collectivités territoriales et de la société civile dans son ensemble rappelant la tradition d’accueil de la France.

Cet appel invite à se mobiliser autour de cette cause et rappelle que la seule conduite que nous devons tenir est celle fondée sur l’accueil et le respect des droits fondamentaux.



Personne ne quitte sa maison, sa terre, ses racines de gaité de cœur.

Notre vie quotidienne est bouleversée par ces milliers millions de personnes qui souhaitent rejoindre l’Europe en quête de protection et de conditions de vie dignes. Ces hommes, ces femmes, ces enfants sont des êtres humains qui ont besoin de notre solidarité et de notre protection.

Jusqu’en 2012, la France était, après les États-Unis, le deuxième pays le plus sollicité par les demandeurs d’asile. Aujourd’hui, les guerres, le terrorisme, les persécutions, la chasse aux minorités poussent des millions d’êtres humains à émigrer. Ils sont près de deux millions au Liban, un million en Jordanie et autant en Turquie. Ils sont des centaines de milliers arrivés en Allemagne, en Italie et en Grèce.

Nos consciences sont interpellées par ce cataclysme humain. Nous avons déjà vécu ces situations dramatiques dans le passé lorsque nous avons accueilli cinq cent mille espagnols lors de la guerre d’Espagne en 1939, plus d’un million de rapatriés d’Afrique du Nord en 1962, cent vingt mille boat people en 1972 en provenance du Vietnam, du Cambodge et du Laos. Notre pays et les Français ont toujours fait leur devoir d’accueil, d’humanité et d’hospitalité.

Aujourd’hui, il nous est demandé de recevoir vingt-quatre mille réfugiés, dont huit à dix mille enfants, en vingt-quatre mois, c'est-à-dire un millier par mois sur l’ensemble du territoire, soit environ dix par département. Notre pays, l’un des plus privilégiés du monde, est sûrement capable de faire une place à sa table à l’étranger en situation de détresse et de précarité.

Face à cette situation, le CNLE :

    attend de l’Etat un message clair et chaleureux, un engagement matériel et financier, à la hauteur du défi que le pays doit assumer. L’hébergement relève de la responsabilité de l’Etat ; celui-ci doit donc mobiliser les capacités d’accueil et assurer le quotidien de ces personnes en grande précarité ;

    souhaite que la solidarité de l’accueil et de l’accompagnement soit partagée entre l’État, les collectivités territoriales, les associations, les églises et les citoyens. Le CNLE estime aussi que cette solidarité doit être répartie de façon équitable entre tous les pays de l’Union européenne ;

    demande à l’Union européenne de revoir complètement la règle du système d’asile et de suspendre bien entendu l’application du règlement de Dublin qui ne permet pas de demander l’asile dans un autre pays que celui dans lequel le réfugié est arrivé. De même, le CNLE pense que la France et l’Union européenne doivent renégocier avec le Royaume-Uni les règles d’entrée sur le territoire britannique, et en particulier la situation des milliers de réfugiés qui depuis de nombreuses années vivent de façon misérable dans la « jungle » ou dans des camps à Calais ;

    incite l’Union européenne à ouvrir des voies d’accès légales et sûres pour les demandeurs d’asile qui se trouvent dans des pays tiers et qui souhaiteraient rejoindre l’Europe sans risquer leur vie et sans avoir recours à des passeurs. La délivrance de visas s’impose notamment pour le regroupement familial et la sécurisation des personnes ;

    propose qu’en matière d’asile l’Union européenne établisse une liste commune des pays d’origine sûrs, afin de définir des critères objectifs vis-à-vis des personnes qui ne relèvent pas du droit d’asile et de permettre le retour des migrants en situation irrégulière de manière effective.

Le CNLE comprend la multiplicité croissante des causes de départ et les difficultés à distinguer l’asile politique de l’exil économique. Mais il nous faut rester vigilant à ne pas opposer ces deux situations et à ne pas rejeter systématiquement ceux qui sont déjà plongés dans une extrême précarité. La seule conduite à tenir c’est celle fondée sur l’accueil et le respect des droits fondamentaux.




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