Gisèle Biémouret

Députée du Gers

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Assemblée nationale : PLFSS 2021 Intervention dans la discussion générale sur le système de soins.

Crée le 21/10/2020
Retrouvez l'intervention prononcée par Gisèle Biémouret en discussion générale au nom des députés socialistes & apparentés.



Madame la Ministre,
Monsieur le Ministre,
mes chers collègues,


Nous commençons aujourd’hui l’examen du 4ème PLFSS de votre quinquennat dans un contexte de crise sans précédent de notre système de soins, doublé d’une crise sanitaire et sociale majeure.

Cette crise sanitaire hors norme, au final doit nous interroger sur le modèle de protection sociale que nous souhaitons.

Quelles perspectives pour la médecine de demain ? de ville ? de l’hôpital ? Quelles mesures pour résorber les déserts médicaux ? Quel sens voulez-vous donner à vos politiques de santé ?

Depuis 3 PLFSS, nous nous interrogeons toujours et ma Santé 2022 semble bien obsolète pour répondre à ces défis. Vous vous contentez de mesures au coup par coup et rien qui puissent nous éclairer.

Vous nous expliquez que personne avant vous n’a fait autant. Mais Mr le Ministre, c’est votre devoir pour les 33 885 morts à ce jour et les 980 000 médecins et soignants, de répondre à cette crise.

Je n’aurais pas la cruauté d’égrener le manque d’équipements de protection, les tâtonnements, les mensonges, le manque de réactivité.

La confiance, cela se construit et vous n’avez pas su le faire.

Aujourd’hui, nous sommes toujours inquiets de la dégradation de l’hôpital public et de la fuite de ses soignants.

Oui, grâce au Ségur de la Santé, l'Ondam hospitalier apparaît en forte hausse. Cet objectif de dépenses est ainsi fixé à 92,3 milliards d'euros, en progression de 4,6 milliards par rapport à 2020.

Mais derrière la communication gouvernementale sur les acquis du Ségur, se cache le même hôpital en crise que durant la première phase. L’inquiétude est croissante dans les hôpitaux, à l’heure où la question n’est plus de savoir s’il y aura une deuxième vague, mais si les hôpitaux seront en capacité d’y faire face. Et c’est à nouveau 900 millions d’économies et de restrictions qui sont demandés aux acteurs du système de santé et à l’hôpital.

Alors que toutes les boussoles du financement de notre système de santé explosent en raison de la crise COVID, alors que nos concitoyens ont plus que jamais besoin de leurs soignants, votre politique de restriction est à rebours des événements que nous avons vécu et qui nous ont montré les résultats d’une sous dotation des hôpitaux et des EHPAD.

Certes comme l’année dernière, certaines mesures sont appréciables et permettent à moindre frais pour le budget de l’Etat de présenter un PLFSS médiatiquement défendable. Je veux citer le congé paternité, l’extension des maisons de naissance, la revalorisation de l’allocation supplémentaire invalidité.

Mais elles ne sauraient masquer les impasses et les manques de vos orientations.

En 2008, je posais ma première question au gouvernement sur la situation des aides à domiciles. 12 ans plus tard, le secteur social et médico-social essentiel à la cohésion sociale de notre pays et qui s’occupe de nos concitoyens les plus fragiles mérite toujours autant d’être lui aussi reconnu à sa juste valeur.

Le Ségur de la santé a « oublié des secteurs entiers que sont le social et le médico-social.

Ainsi les MAS, SESSAD, ESAT, SAESAT, SAVS Service d’aide à domicile, aide sociale à l’enfance… sont tous exclus. L’ensemble de ces structures assurent pourtant une réelle continuité dans l’accompagnement et les soins. Or, on note l’absence de ces unités dans le décret et dans le PLFSS.

Cette absence d’équité intenable pour les professionnelles et les établissements sociaux et médico-sociaux doit être dénoncée.
La perte d’attractivité pour les secteurs exclus de la revalorisation se fait déjà ressentir sur le terrain. Le différentiel de salaire à postes et compétences équivalentes crée une concurrence entre établissements, groupes d’établissements et parfois, au sein même de certains établissements.
Les établissements sociaux et médicaux sociaux affrontent certains effets pervers de décisions récemment prises par le Gouvernement (Ségur) dans le domaine des ressources humaines, des inégalités de traitement qui aggravent des difficultés déjà fortes.
Alors que seuls les professionnels hospitaliers ont été revalorisés, on constate un grand nombre de départs d’infirmières en 1 mois vers le secteur médicalisé.
Depuis des années, les professionnels du secteur médico-social, du social et du handicap doivent faire face à une prise en charge de plus en plus difficile. Trop souvent oubliés et invisibles, ils doivent être reconnus et considérés au même titre que tous les acteurs du soin et obtenir immédiatement les augmentations salariales comme les autres.

Je vous remercie.






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